Texte de la rubrique Méthode gouvernementale

 

La droite nouvelle arrivant au pouvoir se heurtera inévitablement à de grandes difficultés pour mettre en œuvre ses projets. Le Système, qui se trouvera alors menacé de ne plus pouvoir imposer ses vues, utilisera tous les moyens à sa disposition pour contrer l’exécutif. Face à ces tentatives de blocage, la droite nouvelle ne sera pas pour autant démunie, car des méthodes de gouvernement existent pour circonvenir ces oppositions. Ligne droite préconise dans cet esprit des réformes massives menées rapidement et simultanément.

Des principes pour redresser la France malgré les oppositions du Système

Pour s’opposer aux grands changements que la droite nouvelle sera amenée à réaliser, le Système dispose en effet de moyens considérables. À commencer par les médias qui ne manqueront pas de prendre parti contre le nouveau pouvoir et de manipuler l’opinion en conséquence. L’oligarchie pourra aussi compter sur les syndicats ainsi que sur les mouvements d’extrême-gauche pour déclencher des grèves paralysantes dans les services publics et organiser des manifestations hostiles et violentes.

Afin de faire face, la droite nouvelle devra, comme le préconise Ligne droite par ailleurs, commencer par reconquérir le pouvoir sur les médias, sur les juges et sur tous les autres relais de l’oligarchie (voir le texte à ce sujet). Puis, pour mener à bien ses projets et sortir de la logique infernale de l’impuissance, elle devra observer quelques principes simples.

Les réformes légitimées par le peuple lors de la campagne électorale

Tout d’abord, il est capital qu’elle annonce clairement pendant sa campagne électorale ce qu’elle fera une fois au pouvoir. De la sorte, si elle est élue, c’est l’ensemble de son programme qui se trouvera validé par le peuple. Inutile ensuite d’ouvrir des négociations interminables avec tel ou tel contre-pouvoir. Au-delà d’une concertation formelle avec les organisations syndicales ou professionnelles concernées pour les informer et prendre en compte à la marge certaines de leurs observations, il n’y a pas lieu d’aller plus loin. Le projet venant d’être légitimé par le peuple, il n’a pas besoin d’autres blancs-seings pour être présenté au parlement et voté par la majorité.

Des réformes mises en œuvre rapidement pour rester légitimes

Encore faut-il agir avec célérité car la légitimité populaire s’érode avec le temps. Si elle est incontestable au lendemain de l’élection, elle le sera beaucoup moins un ou deux ans plus tard. Aussi, la droite nouvelle devra-t-elle respecter un autre principe, celui de la vitesse : l’essentiel des projets prévus doit être mis en œuvre dans l’année qui suit son arrivée au pouvoir. Le recours à la procédure des ordonnances permet de répondre à cette exigence, mais elle n’est pas la panacée. Pour respecter cet impératif de vitesse, le plus important est en effet d’avoir préparé à l’avance le plan des grands changements à réaliser. Il n’y a d’ailleurs rien de plus calamiteux que ces candidats à la présidentielle, seulement préoccupés de ce qui peut les faire élire, qui se retrouvent au lendemain de leur victoire à se demander ce qu’ils vont faire de leur mandat. Loin de ces errements, la droite nouvelle devra mettre au point son programme législatif complet dès avant la campagne électorale accompagné de son calendrier et de sa stratégie de mise en œuvre.

Des réformes lancées simultanément pour gêner les médias

La rapidité dans le lancement des réformes peut conduire le gouvernement à présenter plusieurs projets en même temps. Et, contrairement à certains pour qui celles-ci doivent être gérées l’une après l’autre, Ligne droite estime que la simultanéité peut être un atout pour l’exécutif. La présentation de nombreuses initiatives en même temps peut en effet gêner davantage l’opposition et les médias que le gouvernement. Multiplier les réformes ne soulève en effet pas de difficultés particulières pour le pouvoir si le dispositif a été préparé à l’avance et si les rôles sont correctement répartis entre les membres de l’exécutif. Une telle configuration dite de saturation complique en revanche la tâche des médias. Ceux-ci ont en effet pour habitude de hiérarchiser l’information en sélectionnant un sujet principal et un seul. S’ils sont confrontés à plusieurs réformes à la fois, ils auront à faire un choix. Soit ils décident d’en sélectionner une et d’ignorer les autres, soit ils les traitent toutes en même temps mais avec une intensité bien moindre. Dans les deux cas, l’action du pouvoir s’en trouve facilitée.

Des réformes massives qui justifient le recours à l’épreuve de force

Encore faut-il respecter un dernier principe, celui du caractère massif des réformes. Certains estiment que, plus faible est l’enjeu du changement proposé, plus limitées seront les oppositions et qu’il vaut mieux en conséquence se contenter de petites réformes, même si leurs effets sont limités. Cette attitude pusillanime est non seulement inefficace pour résoudre les problèmes du pays, mais elle repose de surcroît sur une erreur tactique. Car, face à un pouvoir de droite même porteur d’un petit projet, l’opposition des partis, des médias et des syndicats de la Nouvelle Gauche sera toujours maximale. Les grèves et les manifestations ne seront donc pas limitées parce que la réforme est modeste. En revanche, le fait de n’avoir présenté que des demi-mesures placerait le pouvoir en situation de faiblesse. Car, avec une réforme limitée, il ne pourrait pas aller à l’épreuve de force, le jeu n’en valant pas la chandelle. L’exécutif ne peut pas en effet accepter que la pagaille s’installe dans le pays pour des demi-mesures qui n’amélioreraient pas significativement la situation des Français. Si au contraire la réforme est globale, massive et de nature à résoudre un problème structurel de la société française, alors quelques semaines de grèves et de manifestations peuvent devenir acceptables au regard des bienfaits qu’elle apportera par la suite pour les Français.

 

Il n’y a donc aucune fatalité au blocage de la France. Si, comme le souhaite par ailleurs Ligne droite, l’exécutif conforte son pouvoir et met en œuvre avec détermination un plan soigneusement préparé, tout redevient possible. À charge pour le gouvernement de mettre à profit l’effet de vitesse, de saturation et de masse.

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