Texte de la rubrique État du pays

 

Dans notre pays l’idéologie dominante repose sur le concept des droits de l’homme, lequel ignore la dimension sociale et politique des personnes. Il génère de ce fait un individualisme radical qui déconstruit tout ce qui relève du collectif et conduit au chaos économique, social et sécuritaire. Poussé jusqu’à l’extrême, il détruit la notion même de bien commun et provoque le déclin de notre nation comme de notre civilisation.

La déconstruction ultralibérale de la société

L’individualisme radical, qui occupe en effet le cœur de l’idéologie ultralibérale, libertaire et mondialiste du Système, prend sa source dans l’esprit des Lumières pour qui l’homme disposerait en propre de droits naturels — les fameux droits de l’homme — et cela indépendamment de tout ordre politique et social. Aussi, cette idéologie, qui nie la nature sociale et politique de l’homme, se transforme-t-elle aujourd’hui en machine de guerre contre toute communauté. Les droits de l’homme, de même qu’ils ont servi à détruire l’Ancien Régime, servent actuellement à dissoudre les nations européennes.
L’ultralibéralisme prétend en effet fonder un nouvel ordre social sur les seuls choix individuels dont la combinaison sur le marché est censée donner de meilleurs résultats que l’action collective et la décision politique. Les ultralibéraux n’ont donc de cesse de déconstruire tout ce qui, d’après eux, fait obstacle au bon fonctionnement de cette mécanique prétendument miraculeuse. Aussi s’en prennent-ils notamment aux réglementations, aux traditions, aux préférences collectives et finalement aux identités. Et de nier que la société existe, car à leurs yeux seuls comptent les atomes sociaux.

La déconstruction libertaire de notre pays

La révolution des mœurs, importée des États-Unis dans les années soixante, a par ailleurs diffusé la croyance que les individus seraient légitimes à imposer leurs préférences et leurs lubies et que leur « libération » viendrait de la remise en cause de toutes les traditions et normes collectives. Des perspectives qui conduisent à une régression infantile, celle du « jouir sans contrainte », bien loin des exigences de la maturité qui consistent au contraire à prendre conscience des limites à son désir. La révolution des mœurs a ainsi jeté les bases de la société du désir sans limite, moteur principal du consumérisme, fondée sur la stimulation permanente du désir humain. Ce faisant, elle a favorisé la destruction des normes et des valeurs qui fondent nos communautés et a encore accentué la montée de l’individualisme.

La déconstruction finale par le transhumanisme et les réformes sociétales

Cet individualisme est aujourd’hui poussé jusqu’à sa forme la plus extrême avec le transhumanisme, la théorie du genre et les réformes dites « sociétales ». Autant de conceptions absurdes qui laissent croire que l’on pourrait construire sa propre nature, choisir son sexe ou ne plus naître de l’union d’un homme et d’une femme.
Cette nouvelle forme d’individualisme pathologique rejoint ici le mythe de la table rase ou de l’auto-engendrement de soi-même. Et comme toutes les utopies totalitaires, elle nie l’existence d’une nature humaine et refuse de voir l’homme comme l’héritier d’une famille, d’un peuple et d’une culture. Aussi est-il logique que les mondialistes encouragent la diffusion de ces idées folles, car elles concourent à la transformation des individus en atomes sociaux qui ne savent plus qui ils sont ni d’où ils viennent, masse informe mûre pour la servitude.

Le chaos économique, social et migratoire

L’individualisme radical et les idéologies qui l’ont engendré ne sont cependant pas seulement contestables ou absurdes, elles ont aussi produit des effets catastrophiques, largement responsables du déclin qu’a connu l’Europe dans la seconde moitié du XXe siècle.
Elles ont d’abord justifié la déconstruction des régulations et des protections que nos ancêtres avaient élaborées, souvent au prix de lourds sacrifices pour se protéger contre l’adversité ou contre la misère. Ainsi en allait-il des frontières, des traditions ou des lois sociales, remplacées par des solutions ultralibérales qui n’ont apporté que précarité économique, isolement social et chômage de masse.
Les droits de l’homme ont servi aussi à déconstruire la souveraineté politique des États et donc à affaiblir la source de toute liberté publique. C’est en leur nom par exemple que la préférence nationale est devenue une « discrimination », ce qui revient à nier la distinction pourtant essentielle entre concitoyens et étrangers. C’est aussi en leur nom que le gouvernement des juges a pris le pouvoir et que l’on accorde aux immigrants clandestins les mêmes droits qu’aux citoyens qui respectent les lois de leur pays.

La guerre de tous contre tous

Cet individualisme radical a par ailleurs amené les individus à réclamer des droits contre autrui. Les prétendus droits de l’homme sont devenus des droits-créances qui servent l’égoïsme des minorités agissantes et organisent en réalité la guerre de tous contre tous, pour le plus grand profit du Système. Les individus immatures attendent désormais tout des autres et notamment de la puissance publique, ayant ainsi oublié que les citoyens, avant d’avoir des droits, ont d’abord des devoirs vis-à-vis de leur communauté. Et à force de tout réclamer à l’État, les individus se trouvent perdus à la moindre difficulté, incapables de se prendre en charge par eux-mêmes.

Le rejet de l’intérêt général

Cet individualisme forcené a enfin occulté la notion même de bien commun en détruisant la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Sous la pression des libertariens qui prétendent construire une société sur des principes neutres, on a fini par ne plus définir clairement ce qui est souhaitable et ce qui ne l’est pas et à faire de cette absence de choix éthiques une prétendue valeur, celle de la tolérance. Au résultat, il n’y a pas plus de liberté, mais plus de relativisme moral, plus d’égoïsme et moins de démocratie.
Car ce sont aujourd’hui les minorités et les groupes d’intérêts qui l’emportent sur la majorité. Les parlementaires ne sont plus les représentants de la nation mais les porte-parole des lobbies. Quant à l’État lui-même, depuis qu’il n’incarne plus l’intérêt général au nom du dogme ultralibéral, libertaire et mondialiste, il est devenu impuissant à enrayer un chaos économique, social et sécuritaire croissant.
Aujourd’hui, en France, un individualisme radical est en train d’occulter le bien commun et de détruire la nation pour le plus grand préjudice de ceux qui la composent.

Crédit photos : Lukas_Rychvalsky via Pixabay cco