Texte de la rubrique Fraternité

 

Aujourd’hui, dans notre pays, le peuple semble avoir disparu. Il ne reste plus qu’une société, au demeurant fragmentée et divisée, qui paraît ignorer la France. Pour redonner corps au peuple français, Ligne droite préconise de sortir les classes moyennes et populaires de la marginalité dans laquelle le Système les enferme. Elles constituent la majorité silencieuse, elles incarnent le peuple, elles doivent être à nouveau prioritaires.

Le peuple français est évanescent

Le peuple est en effet comme évanescent et la nation tellement lointaine qu’aucun Français ne semble plus s’y référer. Le patriotisme ne s’exprime que lors de certaines manifestations sportives. Et quand la solidarité est invoquée, ce n’est jamais au nom de l’appartenance à un même peuple. Comment s’étonner d’un tel effacement ? Au-delà de l’idéologie mondialiste qui combat toute référence à une identité collective, la société française est en effet profondément éclatée. Certes, notre pays a toujours connu des différences de classes sociales, mais le morcellement actuel est d’une autre nature car il provoque une fragmentation entre des mondes qui n’ont plus rien en commun et qui s’ignorent presque complètement quand ils ne s’opposent pas sourdement.

La société française est fragmentée

On peut à cet égard distinguer au moins trois groupes de plus en plus étrangers les uns aux autres. Le premier est l’oligarchie, constituée de ceux qui dirigent notre pays et de tous ceux qui aspirent à le faire. Ils sont en général fortunés et très ouverts sur le monde au point de se sentir peu concernés par l’avenir de la France. Ils n’ont rien de commun avec la strate formée des populations immigrées ou issues de l’immigration. Réputées impécunieuses mais très consommatrices de prestations sociales, celles-ci vivent cependant suffisamment bien pour ne pas chercher à retourner dans leur pays d’origine. Organisées en communautés, elles se désintéressent de la France et vivent dans un autre monde que celui des classes moyennes et populaires. Ces dernières sont en effet composées essentiellement de Français d’origine. Ses membres, qui forment le groupe le plus important, sont nombreux à souffrir du chômage et de l’appauvrissement. Ils sont lourdement taxés de charges et d’impôts alors qu’ils sont loin d’être privilégiés dans l’octroi des prestations sociales. Eux se revendiquent comme Français mais ils ont le sentiment d’être oubliés et pénalisés.

La majorité est occultée par les minorités

La marginalisation des classes moyennes et populaires est encore aggravée par la division supplémentaire que provoque la valorisation médiatique des minorités. Tous les jours en effet, radios et télévisions se font l’écho des difficultés rencontrées par telle ou telle catégorie de la population. Un jour, il s’agit des migrants à qui on refuserait des papiers. Un autre, ce sont les homosexuels qui seraient victimes de l’homophobie. Un autre jour encore, ce sont les féministes qui n’obtiendraient pas la parité ou les handicapés pour qui on ne réaliserait pas les équipements appropriés.

Et à chaque fois ces catégories — dont il n’est pas question ici de nier les difficultés éventuelles — sont présentées comme les victimes d’un oppresseur qu’on ne désigne jamais explicitement mais qui ne peut être que notre pays et en particulier sa composante française, masculine et hétérosexuelle. Et dans ce procès subtil et silencieux ainsi intenté en permanence à notre nation, les classes populaires et moyennes ont l’impression d’être accusées, ce qui les conduit, elles qui constituent la majorité silencieuse, à se sentir injustement et paradoxalement marginalisées.

Le peuple est incarné par les classes moyennes et populaires

On comprend dès lors pourquoi le peuple français donne l’impression de s’être évanoui. Au sommet, ceux qui le dirigent ne semblent plus vouloir en faire partie. À la base, les nouveaux venus n’expriment pas le désir de s’y assimiler. Quant aux classes moyennes et populaires qui incarnent bel et bien le peuple français, elles sont occultées, ignorés et réduites au silence.

Cette situation injuste et malsaine montre a contrario la voie à suivre pour redonner corps à notre peuple. Loin de l’obsession politiquement correcte de la mixité sociale dont on nous rebat les oreilles, ce sont les classes populaires et moyennes qu’il faut ramener sur le devant de la scène publique. Ce sont elles qui incarnent notre peuple et, pour le revivifier, ce sont elles qu’il faut privilégier. Aussi Ligne droite préconise-t-elle de donner aux classes populaires et moyennes une priorité politique, institutionnelle et sociale pour les sortir de la marginalité et redonner ainsi corps au peuple français.

Donner la priorité aux classes moyennes et populaires

Sur le plan politique, c’est un discours nouveau qui devrait être tenu à leur intention par la droite nouvelle une fois au pouvoir. Il s’agirait de parler prioritairement non plus des minorités mais des Français, c’est-à-dire de ceux qui travaillent, qui créent, qui ont une famille, des enfants, qui payent leurs impôts et qui espèrent dans leur pays. Il s’agirait en d’autres termes de remettre sur le devant de la scène la majorité silencieuse, celle qui fait la France.

Pour atteindre ce but, il est important de leur accorder par ailleurs une priorité institutionnelle et donc d’instaurer la préférence nationale et européenne. Une préférence qui établisse une juste et légitime discrimination entre ceux qui font partie du peuple et ceux qui n’en sont pas membres. Il n’y a pas de groupe sans un discriminant qui permette de savoir qui en est et qui n’en est pas. Si l’on veut redonner corps au peuple français, il est donc nécessaire d’établir un discriminant qui soit fort. Plus fort en tout cas qu’une simple carte d’identité ou qu’un droit de vote dont beaucoup pensent qu’il ne sert plus à rien. Il faut donc un discriminant qui apporte des avantages concrets dans la vie quotidienne. D’où l’importance de cette préférence accordée aux Français pour l’octroi des prestations sociales et pour l’accès aux emplois.

Enfin, la priorité doit aussi être donnée aux classes populaires et moyennes dans le domaine économique et social. Il convient à cet égard d’alléger significativement le fardeau fiscal qui pèse sur elles. Il faut aussi rétablir un système social qui ne repose plus principalement sur l’assistanat mais sur la prévoyance et l’assurance ainsi que sur l‘idée que la vraie politique sociale doit offrir à chacun la possibilité de vivre dignement des revenus de son travail. Une configuration que la politique économique préconisée par Ligne droite devrait rendre possible.

Cette priorité claire donnée aux classes laborieuses serait de nature à changer complètement l’état d’esprit qui prévaut dans la société française. Si ceux qui constituent le corps du peuple français se trouvent à nouveau confortés et légitimés dans ce qu’ils sont, c’est notre peuple qui à travers elles recommencera à exister, à s’exprimer et à s’affirmer. Et si le peuple français reprend corps, c’est la force et l’espoir qui animeront à nouveau notre nation.

Crédit photo : Ligne droite cco