Texte de la rubrique Situation politique

 

À l’élection présidentielle du printemps 2017, le PS a connu une défaite historique qui a permis aux observateurs d’annoncer sa mort et, avec elle, celle de la gauche française. Les mêmes ont également salué le renouveau politique incarné par la République en marche qui ne serait ni de droite ni de gauche. La réalité est que cette force, créée par Emmanuel Macron, incarne une Nouvelle Gauche, une gauche rénovée et triomphante, totalement dévouée au Système.

Le PS est mort

Le PS est mort, c’est vrai, mais, engagé dans une impasse idéologique, il était condamné depuis longtemps déjà. Fondé par François Mitterrand, le Parti socialiste était à l’origine structuré par une doctrine économique prônant la gestion étatique de l’appareil de production et une politique sociale fondée sur l’assistanat. Or, à mesure que les socialistes se trouvaient confrontés aux réalités du pouvoir, cette ligne a progressivement perdu toute crédibilité. Ils se sont d’abord ralliés au principe de l’ultralibéralisme international et, ce faisant, ont bafoué l’un de leurs credo économiques fondamentaux. Puis, leur politique sociale, qui consistait à distribuer toujours plus de prestations pour toujours moins de travail, a atteint ses limites. Il ne leur était plus possible de proposer la semaine de trente heures ou la retraite à cinquante ans. Dans ce domaine en effet, tout ce qui pouvait être accompli l’avait été et le PS se trouvait au bout du chemin. Restait à sauter dans l’utopie, comme l’a fait son candidat, M. Hamon, avec son revenu universel. Une proposition qui, justement, lui a été fatale.

La Nouvelle Gauche triomphe

Mais, si le PS est mort, la gauche n’a pas disparu. Elle triomphe même avec la Nouvelle Gauche incarnée par Emmanuel Macron et la République en marche. Car le nouveau président de la République n’a pas renouvelé la politique, il a renouvelé la gauche. Un renouvellement qui a certes pris la forme spectaculaire d’un parti créé ex nihilo et composé d’hommes nouveaux lancés sur la scène publique, mais qui, plus fondamentalement, repose en réalité sur un nouvel habillage de l’idéologie de gauche. En gestation depuis plusieurs années déjà au sein même du PS, le nouveau visage de la gauche s’articule autour de deux axes idéologiques forts.

Autour de l’internationalisme et du libertarisme

Le premier est l’internationalisme qui s’exprime à travers tout ce qui nie nos identités et nos racines : le mondialisme, l’ultralibéralisme, l’européisme, l’atlantisme, l’immigrationnisme, l’écologisme, le multilatéralisme. Il s’agit en effet d’occulter les nations et les civilisations, d’abattre les frontières et de tout globaliser.

Quant à l’autre axe, que l’on peut qualifier du néologisme de libertarisme, il relève d’un relativisme érigé en dogme conduisant à détruire les valeurs et les normes traditionnelles qui structurent la société. Il cherche à gommer toutes les différences, qu’elles soient de race, de sexe, de religion, de catégorie sociale ou d’orientation sexuelle. Il ne s’agit plus comme autrefois de proposer une société sans classes mais de construire un monde sans différences.

La Nouvelle Gauche, le parti du Système

Ce renouveau de la gauche entraîne par ailleurs une grande simplification de la scène politique française. D’abord, le Système, qui œuvre depuis de nombreuses années à la globalisation et combat tout ce qui relève de notre identité et de nos valeurs, dispose désormais d’une force politique qui correspond pleinement à son projet. La Nouvelle Gauche peut être considérée comme le parti officiel du Système.

La gauche du Système rassemblée

Ensuite, cette force nouvelle, parce qu’elle est nouvelle et qu’elle s’est imposée sous le positionnement trompeur du ni droite ni gauche, est aujourd’hui en mesure de rassembler au-delà de l’ancien PS tout ce qui, au centre ou à droite, était en réalité idéologiquement soumis à la gauche. Il est donc logique que M. Macron ait réussi à agréger les centristes du MoDem mais aussi beaucoup de républicains LR, que ce soient ceux qui ont rejoint purement et simplement le gouvernement, ceux qui le soutiennent ou encore ceux qui ne s’y opposent pas. La droite républicaine abritait depuis longtemps de nombreux cadres soumis idéologiquement à la gauche, l’avènement de cette Nouvelle Gauche leur permet de rejoindre facilement leur vraie famille.

Le PS est mort pour permettre à la gauche de triompher et de se rassembler. Le PS a été sacrifié par le Système pour créer un nouveau parti à sa diligence. La gauche est rénovée.

La droite, non !

Crédit photo : Ville de Nevers via Flickr cc