Texte de la rubrique  État du pays

 

Le libre-échangisme mondialiste que préconisent les tenants du Système n’a pas provoqué les effets bénéfiques qu’ils avaient pourtant promis. Il est à l’origine de la désindustrialisation, du chômage de masse, de la détérioration des services publics et de l’explosion de la fiscalité. Il a accentué les inégalités sociales, augmentant le nombre de pauvres et fragilisant les classes moyennes, pour le seul bénéfice des affidés du parti de Davos.

Les fausses promesses de l’idéologie libre-échangiste

Les partisans de l’idéologie libre-échangiste prétendent que les obstacles aux échanges commerciaux, principalement les droits de douane, nuisent au fonctionnement harmonieux du marché. Aussi affirment-ils que leur disparition, en facilitant le commerce et la baisse des prix des produits, ne peut qu’ouvrir la voie à une ère de prospérité. La mise en œuvre de cette idéologie a donc conduit l’Europe de Bruxelles à déconstruire les protections tarifaires aux frontières de l’Union et à multiplier les signatures de traités de libre-échange comme actuellement avec l’Amérique du Nord par exemple.
Les libre-échangistes prétendent en outre ajouter aux bienfaits prétendus de la « libre circulation » des marchandises celle des hommes eux-mêmes, alliant les effets détestables du libre-échangisme à ceux tout aussi délétères de l’immigrationnisme et du sans-frontiérisme.

Chômage et désindustrialisation, les fruits amers de la mondialisation

Lorsqu’ils défendent leurs thèses, les sectateurs du Système omettent cependant délibérément de préciser que le libre-échange ne fonctionne correctement qu’entre des économies qui présentent un certain degré d’homogénéité. Étendu à toute la planète, il aboutit au contraire à mettre en concurrence des économies extrêmement hétérogènes et donc à aligner le coût des facteurs de production sur le moins-disant. Si un tel mécanisme profite aux grandes entreprises mondialisées qui peuvent se délocaliser dans les pays à bas salaires, il contribue en revanche à détruire le tissu économique et social des pays occidentaux.

À cela s’est ajouté l’immigration de masse qui correspond en Europe à une sorte de délocalisation importée : les travailleurs occidentaux se trouvent non seulement en concurrence avec la main-d’œuvre du reste du monde, mais aussi, chez eux, en concurrence avec les immigrants, en particulier les clandestins, toujours moins exigeants en termes de salaires.
Aussi la mondialisation libre-échangiste a-t-elle provoqué dans les pays européens un processus de désindustrialisation et de chômage de masse qui a été encore aggravé par le refus des autorités bruxelloises de recourir à des variations du cours de l’euro pour compenser au moins en partie les distorsions qu’elle provoquait.

Des ajustements douloureux qui n’apportent rien

Les partisans du libre-échangisme prétendent certes que les pays doivent se spécialiser dans les domaines où ils conservent les plus forts gains de productivité et abandonner les autres : c’est la théorie des « avantages comparatifs ». Un beau principe qui sert en réalité à présenter positivement la désindustrialisation en Europe ou aux États-Unis. Mais l’argument est trompeur car il passe sous silence le fait que les économies émergentes investissent massivement dans les nouvelles technologies et que certaines d’entre elles sont d’ores et déjà à même de concurrencer les Occidentaux sur ce plan.

Les libre-échangistes, et les dirigeants des grandes entreprises à leur suite, affirment aussi que, pour rester « compétitives », les économies occidentales doivent nécessairement aligner leurs coûts de production sur ceux du reste du monde jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre s’établisse. Pour ce faire, on déconstruit les droits sociaux en Europe et, afin de réduire les « coûts », on gèle les salaires et on diminue la protection sociale. Mais l’ajustement promis ne vient jamais car ce mouvement ne peut avoir de fin, puisqu’il se poursuit au fur et à mesure de l’entrée de nouvelles économies émergentes sur le marché mondial.
Il est de surcroît largement irréversible. En effet, après la fuite des compétences, il est extrêmement difficile de reprendre pied dans les secteurs industriels qui ont été abandonnés. Ce mouvement n’a en vérité d’autre issue que de donner au travailleur européen le salaire et la protection sociale en vigueur en Chine ou au Bangladesh et peut-être demain celui en vigueur en Afrique.

Un mouvement rétrograde qui emporte l’Occident

Le libre-échangisme mondialiste précipite ainsi les pays occidentaux dans un mouvement rétrograde, alors que le reste du monde, et singulièrement l’Asie, se trouve au contraire porté par une dynamique économique et sociale ascendante.
En Europe, mais aussi aux États-Unis, la situation de l’emploi s’est ainsi dégradée. Non seulement il y règne un important chômage structurel, mais l’emploi précaire et les « petits boulots » sont devenus la norme pour une partie significative de la population. Les working poors, ceux qui travaillent sans atteindre un niveau de vie suffisant, se multiplient, en particulier dans les familles éclatées dites monoparentales.

Ainsi la France supporte-t-elle désormais un nombre de chômeurs beaucoup plus élevé, toutes proportions égales, que dans les années trente pendant la Grande Dépression, et ce alors que la population active comprend aujourd’hui beaucoup plus de fonctionnaires et assimilés.
En outre, la désindustrialisation et le chômage réduisent les ressources fiscales des États tout en augmentant leurs dépenses sociales. Un phénomène qui induit un mouvement de paupérisation et de dégradation irrépressible des services publics et rend les États de moins en moins aptes à remplir leurs fonctions souveraines.
Cette détérioration générale qui entraîne une forte augmentation de la pression fiscale frappe avant tout les classes moyennes et populaires qui sont les grandes perdantes de la mondialisation libre-échangiste.

Une implosion économique et sociale programmée

Comment s’étonner dès lors que les sondages montrent une progression du pessimisme en Europe et singulièrement en France ? Le nouvel ordre économique libre-échangiste inquiète en effet le plus grand nombre, car il conduit au chaos économique et social.
Il profite en revanche à une petite minorité comme les dirigeants des grandes entreprises mondialisées qui voient leurs rémunérations exploser, mais aussi, derrière eux, à tous ceux qui ne perdent pas leur emploi et qui ne voient pas leurs revenus diminuer du fait de la désindustrialisation ou encore ceux qui bénéficient de la déréglementation des échanges financiers pour optimiser leur patrimoine et échapper à l’impôt.
Dans tous les pays occidentaux l’écart des rémunérations ainsi que l’inégalité sociale sont ainsi repartis à la hausse, annulant tout le bénéfice des Trente Glorieuses au seul profit du cartel de Davos.

 

Crédit photo : Les Haines via Flickr cc