Texte de la rubrique Expansion

 

L’impératif écologique est toujours présenté comme un enjeu mondial qui ne pourrait trouver de solution qu’à l’échelle mondiale. Pourtant, par la faiblesse de ses règles et le volume des transports qu’il génère, c’est le libre-échangisme international, qui aggrave la pollution et freine la mise en œuvre des solutions aux problèmes écologiques. Ligne droite préconise en conséquence d’en finir avec le mondialisme et d’en revenir au principe de régulation, un dispositif qui serait bénéfique pour l’environnement. 

L’écologie, un impératif prétendument mondialiste

Dans le discours des tenants du Système, la question de l’environnement occupe une place privilégiée car elle est à leurs yeux mondialiste par excellence. Ne s’agit-il pas de problèmes planétaires qui ne peuvent trouver de solution qu’au niveau mondial ? Et n’est-ce pas tous ensemble, comme citoyens du monde, que nous pourrons sauver la planète ? nous répètent-ils sur tous les tons. Une logorrhée stéréotypée émaillée de poncifs et de sophismes visant à démontrer que la pollution ne serait vaincue qu’au travers des réunions internationales, telle la COP 21, et qu’on n’en viendrait à bout que dans un cadre mondialiste.
Ce discours est en réalité fallacieux. Car si les rencontres diplomatiques peuvent être nécessaires et bénéfiques, la mondialisation en revanche aggrave les problèmes de pollution.

La mondialisation, un facteur de la pollution mondiale

En ouvrant sans contrôle les frontières aux échanges de marchandises, elle a créé un marché planétaire où les entreprises du monde entier, et tout particulièrement les grands groupes transnationaux du cartel de Davos, sous-traitent la fabrication de leurs produits au moins-disant. Et le moins-disant financier est naturellement le moins-disant social, fiscal et monétaire, mais aussi le moins-disant écologique. Le mondialisme conduit donc à localiser les productions là où il n’y a pas de réglementation environnementale. Un mécanisme qui montre clairement combien la mondialisation favorise la pollution et encourage les pollueurs. Les grands groupes transnationaux adeptes du mondialisme portent à cet égard une responsabilité directe, non seulement à travers leur propre production, mais aussi en raison de leurs pressions en vue d’obtenir des coûts toujours plus bas, ce qui pousse les États concernés à ne rien entreprendre pour limiter les nuisances écologiques dans leur pays.

Les transports mondialistes à l’origine d’une pollution record

Ajoutons qu’à travers les choix stratégiques de ces grands groupes transnationaux, le mondialisme conduit à un développement considérable des transports internationaux et notamment des transports maritimes. Pour minimiser les coûts de fabrication, les matières premières comme les produits finis sont ainsi transportés d’un bout à l’autre de la planète en un va-et-vient incessant de navires de plus en plus grands. Or ces transports colossaux provoquent une pollution bien pire que celle des voitures ou des camions.
Les experts estiment ainsi qu’un seul navire produit autant de pollution aux particules ultrafines qu’un million d’automobiles. La teneur en soufre des carburants maritimes est plus de trois mille fois supérieure à celle des carburants utilisés par les voitures et les camions. Quant aux émissions de CO2, le secteur maritime est le seul à n’avoir ni objectif ni plan pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Cette complaisance pour l’outil principal de la mondialisation va encore plus loin : alors que le transport routier est soumis à des taxes sur les carburants, le transport maritime utilise des combustibles non taxés. Le cœur du Système mondialiste s’avère donc le plus polluant et le plus libre de polluer.

La mondialisation contre l’écologie

Plus grave encore, le mondialisme ne se contente pas de favoriser la pollution, il empêche que les mesures soient prises pour la combattre. Son attachement à la dérégulation intégrale du commerce mondial freine en effet considérablement la prise en compte des questions environnementales.
De nombreux gouvernements, notamment en Occident, seraient pourtant disposés à lutter plus efficacement contre les pollutions en imposant aux acteurs économiques des règlements ou des taxes de nature à les contraindre au respect de l’environnement.
Or, ils ne peuvent le faire autant qu’il serait nécessaire car une telle politique les amènerait à pénaliser encore plus leurs entreprises nationales dans la compétition mondiale. C’est donc là encore la mondialisation et, plus particulièrement, le libre-échangisme international qui gênent la mise en œuvre d’une politique de protection de l’environnement au moins dans les pays développés.

La régulation économique, bénéfique pour l’environnement

A contrario, dans le système économique préconisé par Ligne droite, où les échanges avec l’extérieur seraient régulés aux frontières, tout deviendrait possible. Si le marché européen était protégé par des écluses douanières, des règles strictes en faveur de l’environnement pourraient être adoptées sans pénaliser les entreprises, car, étant toutes placées sur le même plan, la concurrence entre elles ne serait pas faussée sur le marché intérieur. Quant à la concurrence déloyale venant de l’extérieur, elles en seraient collectivement protégées par le système de régulation aux frontières.
S’agissant par ailleurs des pays émergents qui pratiquent aujourd’hui le dumping écologique, ils seraient, dans un tel contexte, amenés eux aussi à imposer des règles environnementales à leurs entreprises dès lors que leurs pratiques laxistes ne leur seraient plus d’aucune utilité.
Chaque pays se trouvant ainsi en meilleure position pour lutter contre la pollution, l’environnement global de la planète pourrait être beaucoup mieux protégé que dans le contexte mondialiste actuel.

La mondialisation n’est pas seulement une calamité pour l’identité et la prospérité des peuples, elle constitue aussi un frein à la résolution des problèmes environnementaux à l’échelle du monde.

Crédit photo : kliempictures via Pixabay cco