Texte de la rubrique Nouvel ordre multipolaire

 

Aujourd’hui, tout projet de refonte de l’Union allant dans le sens d’une Europe puissante défendant son identité comme le préconise Ligne droite se heurterait à l’opposition de l’Allemagne et d’un certain nombre d’États membres. Aussi, pour débloquer la situation, la droite nouvelle au pouvoir devrait proposer la création d’une alliance stratégique entre la France et les pays de l’Est européen. Une initiative d’envergure qui pourrait inverser le rapport de force au sein de l’Union, isoler l’Allemagne et ouvrir la voie d’un grand changement en Europe.

L’Allemagne dirige l’Europe

Aujourd’hui, il est vrai, l’Europe bruxelloise se trouve dirigée selon des principes très politiquement corrects par le couple franco-allemand. Ce dernier a en effet constitué, avec les pays qui le suivent, une majorité de fait, alignée sur l’idéologie ultralibérale, mondialiste et déconstructiviste qui est aussi celle de la Commission de Bruxelles.

Au-delà des apparences, ce dispositif donne en fait le pouvoir à l’Allemagne car, dans le couple franco-allemand, c’est notre voisin germanique qui domine, non seulement parce que son poids démographique et économique l’emporte sur celui de la France, mais aussi parce qu’au regard des règles actuelles de l’organisation bruxelloise, c’est l’Allemagne le meilleur élève tant sur le plan des finances publiques que des échanges commerciaux.

Même si des difficultés de politique intérieure affaiblissent actuellement sa position, c’est bien l’Allemagne qui dirige l’organisation bruxelloise. Une direction ultra-libérale et mondialiste qui s’affirme très opposée au grand changement que propose Ligne droite.

Une alliance pour changer la donne

Cette configuration négative pourrait cependant changer du tout au tout si la France dirigée par la droite nouvelle prenait l’initiative de conclure une alliance stratégique avec les nations d’Europe de l’Est.

L’Europe de l’Est, levier du grand changement

Ces dernières se trouvent aujourd’hui en opposition avec la Commission et les pays qui dirigent l’Union. Que ce soit la Pologne, la Tchéquie, la Hongrie, la Slovaquie ou la Croatie et même l’Autriche, toutes demeurent attachées à leur identité et refusent l’immigration que Bruxelles cherche à leur imposer. Il existe donc entre l’Est et l’Ouest de l’Union un profond clivage opposant les États adeptes de la pensée unique aux nations que l’on peut qualifier d’identitaires. À ce jour, celles-ci sont minoritaires et relativement marginalisées dans l’Union actuelle. Mais tout changerait si la France, dirigée par la droite nouvelle, s’affichait à leur côté et portait avec elles le projet d’une Europe puissante soucieuse de son identité.

L’inversion du rapport de force

En créant une alliance stratégique pour la refondation de l’Union avec les pays de l’Est européen, la France inverserait le rapport de force au sein de l’organisation bruxelloise et verrait son influence l’emporter sur celle de Allemagne. Cette dernière en effet ne pourrait pas compter sur l’Espagne ni sur l’Italie qui, dès aujourd’hui, ont une approche différente de la sienne, notamment sur les questions économiques et monétaires. Par ailleurs, privée du partenariat français et suscitant l’animosité des États de l’Est, elle connaîtrait la marginalisation et la vision mondialiste de l’Europe qu’elle n’a cessé d’incarner en serait gravement affaiblie.

La France se trouverait au contraire en position de force. Ayant pris l’initiative de cette alliance dont elle serait de surcroît le pays le plus important, elle disposerait en effet d’un moyen d’influence et de pression qui lui permettrait de défier la Commission et de faire progresser son projet de rénovation.

La refondation de l’Union

L’alliance devrait être formalisée par un traité officiel d’amitié et de coopération entre les pays signataires indiquant que ceux-ci se rassemblent pour défendre leur commune civilisation, la civilisation européenne. Figureraient également dans ce texte la défense de leur identité, le refus de l’immigration, le contrôle des frontières mais aussi la nécessité de refonder l’Union et de créer un pôle de puissance permettant aux nations membres de retrouver collectivement l’indépendance, la souveraineté et la prospérité.

Forte du bloc qu’elle constituerait, cette alliance aurait en effet vocation à œuvrer à la rénovation de l’Union et à la promotion d’une Europe identitaire et puissante. Une démarche qui aurait d’autant plus de poids que l’alliance serait par ailleurs ouverte à tous les autres pays membres pour peu qu’ils partagent ses principes et ses buts comme ce pourrait être le cas de l’Italie. Gageons qu’une dynamique pourrait alors se déclencher et provoquer des ralliements en nombre.

Cette alliance, qui renouerait avec une tradition diplomatique d’amitié franco-polonaise, pourrait, en modifiant la donne, ouvrir la voie à un grand changement en Europe.

Crédit photo : Ligne droite cco