Une page de la rubrique Ligne droite

 

La droite française est morte en 2017. Elle est morte symboliquement le 23 avril à 20 h 03 lorsque François Fillon, « le candidat de la droite et du centre » a immédiatement appelé, dès la fin du premier tour de l’élection présidentielle, à voter pour Emmanuel Macron, le candidat choisi par le Système pour qu’on ne change pas le Système. La “droite nationale” est morte de son côté lors du débat télévisé opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen, le 3 mai 2017.

Un désastre électoral

La “droite républicaine” est morte parce qu’elle a trahi son héritage et ses valeurs pour se rallier à l’idéologie de la gauche. La “droite nationale” est morte parce qu’elle s’est trompée à la fois d’époque et de stratégie. En perdant l’élection présidentielle imperdable, la droite française a apporté la preuve de sa tragique nullité politique. Depuis lors, on ne l’entend même plus, elle incarne une opposition qui ne s’oppose pas. Incapable de définir une ligne politique cohérente, elle continue, en plein désastre, à étaler ses querelles de personnes et de sensibilités sous le regard complaisant des médias de propagande.

La droite républicaine a renié son héritage et trompé ses électeurs

La disparition de la “droite républicaine” a commencé en 1986 avec Jacques Chirac lorsqu’il était Premier ministre de François Mitterrand. La cohabitation politicienne de l’opposition de droite avec le président de gauche a en effet débouché sur une connivence, puis sur une soumission croissante, de la “droite républicaine” au politiquement correct égalitariste, immigrationniste, communautariste et laxiste. Une attitude qui l’a conduite à se soucier davantage de l’opinion de la médiacratie et des lobbies que des attentes de son électorat. Depuis, la “droite républicaine” n’a eu de cesse de renier son héritage patriote et gaullien, puis de tromper son électorat en évitant de revenir sur les réformes de la gauche, en dépit de ses promesses électorales.

Elle a perdu toute identité propre

Dès lors, en perdant toute identité propre, la “droite républicaine” a progressivement disparu du champ politique. Face à la Nouvelle Gauche qui s’est ralliée sans aucun scrupule à l’ultralibéralisme, elle n’a aujourd’hui plus rien à proposer ni à objecter. Face au Front national, elle n’a même plus osé trancher officiellement, adoptant le ni-ni, ni Parti socialiste ni Front national. Une attitude impolitique par essence, qui ne l’a pas empêché de toujours préférer la victoire d’un candidat de gauche ou aujourd’hui de la République en marche, à celle d’un candidat du Front national. Avec le ni-ni, la droite a érigé le suicide politique et la trahison de son électorat au rang de stratégie !

Elle a découragé tous ses électorats

De proche en proche, la “droite républicaine” a perdu tous ses soutiens et, finalement, une bonne partie de ses électeurs. Elle a perdu les classes moyennes et populaires autochtones, les principales victimes des politiques économiques libre-échangistes qu’elle a conduites et du chaos migratoire qu’elle s’est montrée incapable de réguler. Elle a vu son électorat agricole se réduire, victime de la politique conduite par l’Union Européenne qu’elle a soutenue. Elle a aussi perdu l’électorat d’origine immigrée, en croissance numérique et en majorité musulman, qui vote désormais pour la gauche immigrationniste et communautariste. Enfin, elle a perdu les classes dirigeantes ralliées au libre-échangisme libertaire et cosmopolite qui ont voté pour Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017.

La droite républicaine n’existe plus

Aujourd’hui, la “droite républicaine” n’existe plus : elle se réduit à une coalition de notables imbus d’eux-mêmes, mais prudemment repliés sur leurs baronnies locales depuis la réforme du cumul des mandats. Son électorat se limite à un noyau de bourgeois bornés, vieillissants et instables. Des notables dépassés qui n’ont rien compris aux nouveaux clivages politiques ni au monde d’aujourd’hui. Entre la France d’en haut et la France périphérique, entre les mondialistes et les patriotes, entre les profiteurs de la mondialisation et ses victimes, entre les oligarchies cyniques et le peuple, entre la tyrannie des marchés et la souveraineté des Européens, la “droite républicaine” n’a pas voulu choisir et n’a plus personne pour la soutenir.

La droite nationale n’est pas un recours

Mais la “droite nationale”, derrière Marine Le Pen, n’a pas fait mieux. Elle n’a pas su profiter d’une conjoncture politique exceptionnelle, marquée par l’élimination de la “droite républicaine” et du parti socialiste au second tour de l’élection présidentielle de 2017. Pour s’être trompée à la fois d’époque et de stratégie, elle n’est pas apparue comme un recours ni même comme une force d’alternance crédible.

Elle s’est trompée d’époque et de stratégie

D’abord, sa quête de respectabilité politique l’a conduite à mettre en sourdine son positionnement identitaire et anti-immigration, au moment même où l’opinion émettait des attentes fortes en la matière et au moment où le choc des civilisations devenait de plus en plus manifeste en Europe. Une totale erreur chronologique ! Ensuite, dans le vain espoir de récupérer l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, l’autre candidat soutenu par le Système, elle a adopté une ligne économique sociale-démocrate vieille de quarante ans. Enfin, elle s’est enfermée dans la voie sans issue du souverainisme nostalgique, incarnée dans son projet anxiogène de sortie de l’euro.

La candidate du Front national a donc trahi l’espoir de millions d’électeurs parce qu’elle n’a pas apporté la preuve qu’elle comprenait les enjeux civilisationnels auxquels notre pays et l’Europe se trouvent confrontés. De même, elle n’a pas donné le sentiment d’être personnellement à la bonne hauteur présidentielle lors de son catastrophique débat avec Emmanuel Macron.

La droite est morte

En 2017, la droite est morte. Mais nous ne la pleurerons pas ! Car les compromissions, les reculades et les trahisons de ses dirigeants successifs ont laissé le champ libre aux oligarchies qui ont pour projet de déconstruire la France, de mettre l’Europe en servitude et de marchandiser l’homme. Comme ils ont laissé passer Emmanuel Macron, le chef de la Nouvelle Gauche, mondialiste, libre-échangiste, libertaire, atlantiste et immigrationniste, qui remplace le défunt Parti Socialiste. La responsabilité historique des politiciens de droite dans cette catastrophe politique est écrasante et les électeurs les ont à juste titre sanctionnés, montrant ainsi qu’ils leur déniaient désormais toute légitimité à incarner l’avenir de notre pays.

Vive la droite nouvelle

L’heure n’est plus aux appareils sclérosés ni aux notables dépassés. L’heure est désormais à la reconstruction d’une droite moderne tournée vers l’avenir de notre peuple, de notre patrie et de notre civilisation ! Une droite nouvelle mobilisée autour d’un véritable projet pour notre temps. La droite nouvelle qu’attend le peuple de France.

La droite est morte ! Vive la droite nouvelle !

Crédit photo : patrouille de France via Wikimedia cc