Texte de la rubrique Autorité

 

La frontière est aujourd’hui systématiquement présentée par les tenants du Système comme une réalité malsaine, cause d’exclusions, d’enfermement et de conflits, dont il faudrait donc se défaire au plus vite. A l’inverse, Ligne droite considère la frontière comme une protection indispensable à la défense de notre nation et de notre civilisation. Une protection aussi essentielle que la porte d’une maison que l’on ferme aux intrus et que l’on ouvre aux amis.

La frontière, un filtre pour laisser passer ce qui est bénéfique et empêcher d’entrer ce qui est néfaste

Pour les sectateurs de la pensée unique, en effet, la frontière est un concept honni qui symbolise tout ce qu’ils combattent. N’est-elle pas un facteur de guerre et de division ? Ne conduit-elle pas les hommes à se couper du monde, à se replier frileusement sur eux-mêmes ? Bref, la frontière serait un mal qu’il faut éradiquer pour construire le monde globalisé qui fera, nous disent-ils, le bonheur du genre humain.
Complètement erronée, cette conception s’avère, comme beaucoup de poncifs du politiquement correct, totalement coupée de la réalité. La frontière en effet n’est pas une muraille infranchissable et ne s’apparente nullement à l’ancien rideau de fer érigé par les communistes entre l’Est et l’Ouest. La frontière n’empêche pas les citoyens d’entrer et de sortir de leur pays et ne constitue une barrière que pour les étrangers indésirables. Elle fonctionne en effet comme la membrane d’une cellule vivante. Nécessaire à sa cohésion, elle ne la coupe pas du monde extérieur mais sélectionne les entrées et les sorties pour ne laisser passer que ce qui lui est profitable en laissant à l’extérieur ce qui lui serait néfaste. Et tel est bien le rôle de la frontière, un filtre indispensable à la sécurité et à la prospérité de la nation.

Un monde sans frontières serait un monde fragile et vulnérable

Il est dès lors absurde de considérer comme un progrès la suppression des frontières, car un monde qui en serait dépourvu serait fragile et vulnérable. Si en effet une crise d’ordre financier ou sanitaire, par exemple, survenait quelque part dans un tel univers sans frontières, elle se répandrait sur la terre entière à grande vitesse. En revanche, si le monde est compartimenté par des frontières, celles-ci permettront de cantonner le mal ou, à tout le moins, de ralentir fortement sa progression. On peut comparer dans cet esprit le système des frontières aux compartiments étanches d’un navire. Si une voie d’eau survient, on peut, en fermant les cloisons étanches, isoler la partie envahie et sauver le navire, alors que sans cloison, sans frontières, c’est le navire tout entier, en l’occurrence le monde, qui pourrait faire naufrage.

La suppression des frontières serait une régression

Rappelons également aux pourfendeurs des frontières que le sens de l’évolution est celui de la complexification et non celui de la simplification. Les organismes développés ne résultent pas de la fusion des cellules en une entité unique, mais de leur assemblage pour former des structures élaborées. Vouloir supprimer les frontières c’est donc aller contre l’évolution du monde vivant.
Sans doute est-ce la raison pour laquelle un monde sans frontières n’est en réalité qu’une utopie. D’ailleurs, lorsque l’on supprime les frontières officielles, d’autres, moins légales, se multiplient comme c’est le cas en France et en Europe aujourd’hui. Les frontières nationales ont été abattues mais les frontières culturelles, sociales, économiques, certes moins visibles mais tout aussi réelles, se développent à l’école ou dans les quartiers par exemple, provoquant une fragmentation de notre société qui se manifeste symboliquement par la prolifération des codes d’accès et des zones réservées.
Les tenants de la pensée unique, profondément mondialistes, ne s’en émeuvent pas, car le mythe du monde sans frontières cache chez eux le projet d’un gouvernement mondial qu’ils contrôleraient et qui, sous le terme de gouvernance mondiale, serait en réalité une dictature larvée sous leur contrôle.

Les frontières sont nécessaires pour se protéger de l’invasion migratoire et de la concurrence économique sauvage

Contrairement aux slogans simplistes et aux projets funestes de l’oligarchie, la frontière est donc utile et nécessaire. Dans le monde d’aujourd’hui elle est même indispensable parce qu’elle permettrait de protéger la France et l’Europe de la submersion migratoire. Grâce à des frontières sûres et défendues, il serait possible de stopper toute nouvelle immigration. Ce qui n’empêcherait évidemment pas les touristes de venir visiter notre pays, les étudiants étrangers autorisés d’y poursuivre leurs études et les hommes d’affaires du monde entier d’y investir ou d’y conclure des marchés. Là encore, il s’agirait de laisser passer ceux qui sont utiles à notre pays et de laisser à l’extérieur ceux qui menacent notre identité.
De même, conviendrait-t-il de bloquer à la frontière extérieure de l’Europe les importations de biens étrangers qui résultent du dumping social, monétaire et écologique et de laisser passer en revanche les produits pour lesquels auraient été acquittés des droits de douane propres à rétablir une concurrence loyale avec les productions nationales et européennes.

Il faut rétablir les frontières

Ligne droite est donc favorable au rétablissement des frontières de notre pays et surtout des frontières extérieures de l’Union européenne. Des frontières nécessaires à l’identité et à la prospérité de notre nation et de notre continent.

Personne n’envisagerait d’habiter une maison sans porte. Il est temps de rétablir les portes de la maison France et de la maison Europe pour pouvoir les fermer aux indésirables.

Crédit photo : Jean-François Gornet via Flickr cc