Texte de la rubrique Fraternité

 

Alors que la Sécurité sociale est un système d’assurance et de prévoyance sain qui subordonne la prestation à une cotisation, le développement de l’assistanat a créé pour beaucoup une situation de dépendance et d’oisiveté profondément malsaine tant au plan individuel que collectif. Aussi l’objectif d’une vraie politique sociale devrait viser, selon Ligne droite, à libérer les personnes de l’assistanat pour leur permettre de vivre décemment des fruits de leur travail.

La Sécurité sociale, un système globalement sain

Le système social mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale a représenté un progrès considérable aussi bien par son caractère universel que par la pertinence des principes qui le fondaient. Car la sécurité sociale est un système d’assurance et de prévoyance par répartition qui repose sur le principe de cotisations payées par l’employeur comme par le salarié en contrepartie de droits à prestations. Ainsi en a-t-il été de l’assurance chômage, de l’assurance maladie, des retraites et des prestations familiales. Un système qui présentait le grand avantage de sécuriser et de responsabiliser les assurés sociaux en établissant un lien entre cotisation et prestation.

Le développement de l’assistanat après la fin des Trente Glorieuses

À partir des années soixante-dix, de façon d’ailleurs concomitante avec l’ouverture des frontières et la fin des Trente Glorieuses, les gouvernements successifs, et tout particulièrement ceux de gauche, ont complété ce dispositif par une politique sociale radicalement différente dans son principe car financée par l’impôt et distribuée sous condition de ressources. Sous la pression du chômage de masse et du processus d’appauvrissement entraîné par la mondialisation économique, les aides de ce type se sont multipliées progressivement dans tous les domaines. Aide au logement, aide au transport, aide à l’emploi, aide pour les fournitures scolaires, aide pour l’énergie, prime de Noël, RSA, CMU, etc. Ce système d’assistanat a dès lors créé une catégorie de personnes dépendant entièrement des aides publiques, vivant pour la plupart sans travailler et touchant des subsides souvent supérieurs aux revenus que les intéressés pourraient retirer d’un salaire.

L’assistanat, un système souvent malsain

Ce système est donc profondément malsain. D’abord, il coûte extrêmement cher à la collectivité et constitue l’une des causes principales des déficits publics et notamment du déficit budgétaire. Ensuite, de par son principe, il place les individus en situation de dépendance à l’égard d’un État qui, en même temps qu’il les aide, les soumet à une tutelle impérieuse. Aussi ce système a-t-il installé des fractions entières de la population dans l’assistanat, créant des habitudes de passivité et d’oisiveté ainsi qu’un état d’esprit revendicatif profondément néfastes à l’harmonie sociale.
La situation qui en résulte est d’ailleurs d’autant plus préjudiciable que ce dispositif d’assistanat a été ouvert sans restriction aux étrangers résidant sur le sol national et parfois même à ceux qui y séjournent illégalement. Une libéralité qui alourdit considérablement les coûts du dispositif en même temps qu’elle crée un appel d’air largement à l’origine de la pression migratoire que connaît notre pays.

Inverser la logique actuelle de la politique sociale

Aussi, Ligne droite considère-t-elle nécessaire de réorienter la politique sociale. S’il s’agit de sauvegarder et de consolider la Sécurité sociale, il faut en revanche réduire massivement l’assistanat. Sous la gauche socialiste, le progrès social allait de pair avec la multiplication des prestations d’assistance. Avec la droite nouvelle, la politique sociale devrait se fixer pour objectif de donner à chacun la possibilité de vivre décemment des fruits de son travail et plus tard des fruits de sa retraite. Pour cela, cinq actions d’envergure sont indispensables.

Conforter la sécurité sociale en élargissant l’assiette des cotisations

Pour conforter la sécurité sociale aujourd’hui en difficulté, il est essentiel de tenir compte de l’évolution de la structure sociale de notre pays qui connaît une réduction considérable du nombre d’actifs. Aussi convient-il d’asseoir les cotisations sociales non plus sur les salaires mais sur les revenus.

Réserver les prestations d’assistance aux nationaux et aux Européens

Il faut par ailleurs stopper toute nouvelle immigration et réserver les bénéfices de la politique sociale d’assistance aux seuls nationaux et européens. Des économies importantes pourraient dès lors être réalisées qui fourniraient les marges de manœuvre nécessaires pour financer la politique de résorption de l’assistanat.

Remettre l’économie au service des Français

La troisième initiative majeure vise à remettre l’économie au service de la nation et à la protéger de cet ultralibéralisme international qui, en raison de la concurrence déloyale et sauvage que subissent nos entreprises, provoque l’appauvrissement et le chômage de masse. La régulation des échanges économiques aux frontières de l’Europe devrait permettre de redresser la situation et de créer une dynamique vertueuse de réindustrialisation et de création d’emplois conduisant ainsi beaucoup de chômeurs à sortir de l’assistanat pour vivre directement d’un salaire.

Globaliser les prestations d’assistance en une allocation unique

Une quatrième réforme conduira, dans un esprit de transparence et de simplification, à globaliser toutes les aides accordées à une personne ou à un foyer, lesquelles seront versées en un seul montant, gérées par le même organisme et le cas échéant plafonnées à un niveau qui assure la préférence pour le travail.

Remplacer progressivement l’assistanat par un revenu

Ensuite, dès l’installation des écluses douanières aux frontières, ce montant global sera progressivement réduit pour être versé sous forme de salaire. L’idée est simple : au lieu que l’État ponctionne les entreprises pour collecter les fonds qui permettront ensuite aux collectivités publiques de distribuer des prestations d’assistance, celles-ci seront diminuées, ce qui permettra de réduire à due concurrence les prélèvements sur les entreprises. En contrepartie, celles-ci seront amenées à augmenter les bas salaires, ceux qui sont actuellement complétés par le versement d’aides publiques. Une opération qui créera pour les intéressés une situation plus saine et plus digne car, pour eux, le revenu global restera inchangé, mais au lieu de comporter une forte proportion d’aide, il sera essentiellement constitué du salaire. Sera ainsi instauré un système permettant à chacun de vivre décemment des fruits de son travail.

À terme, l’assistanat ne devra plus concerner qu’une petite minorité de cas particuliers. Car, pour le reste, l’objectif de Ligne droite est de sortir la plupart des Français les plus pauvres de leur condition d’assistés pour leur rendre un statut plein et entier de travailleurs et de citoyens dignes et responsables.

Crédit photo : MKvarda via Pixabay cco