Texte de la rubrique Libertés

 

La nation n’est pas seulement un conglomérat d’individus et la politique ne doit pas se préoccuper exclusivement de leurs droits et obligations. Prenant en compte la communauté qu’ils forment, elle doit définir, affirmer et défendre le bien commun conçu comme le salut du peuple et l’intérêt supérieur de la nation. Et c’est cet idéal incarné par l’État et soutenu par une dynamique populaire que la droite nouvelle doit faire prévaloir.

L’intérêt supérieur de la nation

Contrairement à ce qu’affirment les bien-pensants, le tout ne se réduit pas à la somme des parties : la nation a en effet une dimension plus large que les individus qui la composent. Pour cette raison, le bien commun ne se réduit pas à la somme des attentes individuelles comme le prétendent les ultralibéraux, et la puissance publique ne doit pas se placer à la remorque des intérêts particuliers en perdant ainsi le sens souverain de sa fonction.

Cette dimension souveraine était d’ailleurs particulièrement bien prise en compte par les institutions de la Ve République, qui faisaient du chef de l’État le garant de l’intérêt supérieur de la nation, face à un Parlement qui n’exprime souvent que des intérêts locaux ou partisans. Mais cette conception a été occultée par les principes de l’idéologie ultralibérale, libertaire et mondialiste.

Ligne droite, estimant que cette évolution est profondément néfaste, préconise que notre pays renoue avec les fondamentaux du politique, tel que les Européens l’ont toujours conçu, à savoir la suprématie de l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

L’affirmation et la défense du bien commun

De nos jours, la puissance publique est en effet totalement défaillante sur l’essentiel. D’abord, elle est dans l’incapacité de définir le bien commun, ensuite, elle serait impuissante à le faire respecter puisqu’elle n’est même pas en mesure de défendre les modestes « valeurs » qu’elle prétend incarner. Pour cette raison, elle perd progressivement toute légitimité et le chaos s’installe partout.

Aussi, faut-il que le politique dépasse la sauvegarde des intérêts particuliers pour incarner le bien commun. Mais pour cela il doit renoncer au relativisme cher aux libéraux/libertaires et abandonner sa posture « neutre » ou « tolérante » pour affirmer avec force ce qui est autorisé et ce qui est interdit, ce qui doit être encouragé et ce qui doit être combattu. À charge pour lui de se doter ensuite des moyens de faire respecter ses choix, qu’ils soient politiques ou éthiques.

Le salut du peuple est la loi suprême

Aussi, la droite nouvelle doit-elle proposer à notre peuple de définir explicitement le bien commun et de le défendre sans fléchir. Pour cela, il lui faut prendre en compte le monde dangereux dans lequel nous sommes entrés et concevoir le bien commun comme la survie, la sauvegarde et le rayonnement de notre nation, mais aussi de notre civilisation européenne. Le bien commun, c’est donc la sécurité et la prospérité de notre peuple, mais aussi la protection de notre culture, de notre territoire, de nos lois et de nos traditions, de notre industrie, de notre démographie comme de notre identité. Salus populi suprema lex est disaient les Romains, une formule toujours actuelle qui justifie qu’on se batte pour elle et que l’on combatte tous ceux qui la méprisent et la bafouent.

La puissance publique instrument du bien commun

Pour ce faire, il faut s’appuyer sur l’État car, contrairement à ce que prétend l’idéologie du Système, l’État ne fait pas obstacle aux droits des individus dès lors qu’il prend en charge le bien commun, c’est-à-dire l’intérêt de tous.

Il s’agit même pour l’État d’une mission fondamentale qui correspond à un vieux principe souverain et républicain. Un principe qui a été subverti par le Système et qu’il convient de rétablir. En assurant la domination du pouvoir économique et financier sur le pouvoir politique, l’oligarchie a en effet commis une forfaiture. Car le pouvoir économique recouvre seulement des intérêts particuliers, au demeurant la plupart du temps à court terme qui s’opposent pour cette raison au bien commun. C’est le cas par exemple lorsque le patronat se prononce pour une immigration toujours plus importante ou lorsque les grandes firmes transnationales délocalisent leur production hors d’Europe.

Aussi la droite nouvelle devra-t-elle refaire de la puissance publique l’instrument du bien commun. Pour cela, elle devra renverser l’ordre actuel des pouvoirs et remettre le monde économique et financier à sa place en le soumettant de nouveau à une régulation définie et organisée par l’État.

La juste hiérarchie des pouvoirs étant rétablie, tout le reste en découlera, notamment la mise au pas des différentes féodalités qui, sans la moindre légitimité, imposent aujourd’hui leurs vues et leurs intérêts au pays.

Le bien commun porté par une dynamique populaire

La puissance publique ne doit pas pour autant porter seule la défense du bien commun. Compte tenu de l’ampleur du désordre actuel et des menaces qui pèsent sur la survie de notre civilisation, l’État doit également pouvoir s’appuyer sur l’engagement de tous les citoyens.

Dans cet esprit, Ligne droite propose de mettre en œuvre une véritable réforme intellectuelle et morale. Il s’agirait de combattre l’égoïsme individualiste et consumériste qui règne aujourd’hui et d’impulser, par des mesures concrètes, une culture de la responsabilité et de l’engagement au service de la communauté.

La citoyenneté ne se limite pas au droit de vote.  Car, lorsqu’on se montre indifférent au destin de son pays comme de sa civilisation, on ne mérite pas le qualificatif de citoyen. Tout au plus celui de sujet. Comme le savaient nos ancêtres, la démocratie repose sur l’engagement, le désintéressement et pour tout dire sur la vertu civique. Sinon, elle dépérit.

La droite nouvelle doit redécouvrir et incarner cette antique sagesse, afin de rendre à notre nation un destin collectif conforme au bien commun.
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