Texte de la rubrique Méthode gouvernementale

 

Une fois aux commandes de l’État, la droite nouvelle se heurtera inévitablement à de fortes oppositions pour mettre en œuvre son projet, des oppositions venant des partis politiques adverses, mais aussi du Système dans son ensemble. Aussi, Ligne droite estime-t-elle nécessaire que les dirigeants de la droite nouvelle se préparent en conséquence et adoptent préalablement à leur arrivée au pouvoir une détermination à toute épreuve.

La droite nouvelle au pouvoir, cernée par les difficultés

Un président issu de la droite nouvelle sera en effet en butte à l’hostilité du Système tout entier. Il aura contre lui, non seulement ses adversaires politiques ce qui est normal en démocratie, mais aussi les médias, l’institution judiciaire, les syndicats et une bonne partie de l’administration, notamment. Le Système, qui restera puissant même après sa défaite électorale, usera sans hésiter de tous les moyens à sa disposition pour fragiliser le nouveau pouvoir et mener contre lui toutes les actions de déstabilisation et d’obstruction imaginables, à commencer par les manifestations de rue, les grèves et les opérations de désinformation ou de manipulation médiatique. De surcroît, un gouvernement de droite nouvelle sera nécessairement confronté à un recul de son soutien populaire lorsqu’il lancera ses réformes et que celles-ci, n’ayant pas encore produit leurs effets bénéfiques, seront provisoirement perçues par certains comme des facteurs de troubles ou de conflits. Les sondages et les cotes de confiance pourront alors se révéler décevants, de même que les résultats d’élections partielles ou locales pourront traduire une certaine défiance. Dans ce cas, l’attitude des dirigeants de la droite nouvelle devra être empreinte de sang-froid et de détermination et s’arcbouter sur quatre points d’appui.

Avoir conscience d’occuper une position inexpugnable

Il faudra d’abord que les dirigeants de la droite nouvelle soient animés par une forte certitude : pendant cinq ans, rien ni personne ne pourra les empêcher de gouverner. La Constitution de la Ve République est ainsi faite que le président, une fois élu et pourvu d’une majorité à l’Assemblée, est inexpugnable : aucune force extérieure ne peut le forcer à quitter le pouvoir. Si la majorité reste solide, c’est bien un mandat de cinq années qui s’ouvre pour le président en place et pour l’équipe gouvernementale qu’il s’est choisie. Dès lors, toutes les actions de contestation ne pourront que se briser sur cette réalité comme une vague sur un rocher.

Ne se préoccuper que de la réalisation du projet

Encore faut-il ne pas se contenter de rester en place sans rien faire par crainte des réactions de l’opposition. L’exécutif, et tout particulièrement le président, doivent se focaliser, non sur les actions d’obstruction qu’ils subissent, mais sur les projets qu’ils mettent en œuvre. Aussi est-il essentiel que la nouvelle équipe arrive au pouvoir avec un plan d’action déjà préparé comportant non seulement les réformes à conduire, mais aussi la stratégie à adopter pour les réaliser, la communication qui doit les accompagner ainsi que le calendrier général de déclenchement des différentes opérations. Bien sûr, un tel plan devra pouvoir être adapté aux circonstances, mais c’est lui qui devra guider l’exécutif et c’est son taux de réalisation qui servira de référence en lieu et place des sondages ou des cotes de popularité.

Ignorer la question de la réélection

Aussi, pour se conformer à ces règles de conduite exigeantes, le président et tous les membres de l’exécutif devront être animés d’une totale détermination. Ils devront notamment exercer leurs fonctions avec l’idée fixe de mettre en œuvre leurs projets quelles qu’en soient les conséquences politiques immédiates. Surtout, et c’est la règle la plus essentielle, ils ne devront jamais se préoccuper de leur éventuelle réélection. Mieux encore, ils devront s’investir dans leur fonction avec l’idée que leur mandat ne sera pas renouvelé et que, n’ayant rien à perdre, ils peuvent donc ne poursuivre qu’un seul but, servir la France et l’Europe à travers la mise en œuvre déterminée de leur projet.

Ne pas oublier que le succès est au bout du chemin

Pour le reste, il leur faudra bien sûr agir au mieux et chercher à mettre en œuvre leurs réformes avec le minimum d’opposition et le maximum de soutien. Mais ils ne devront jamais reculer et toujours rester confiants dans les vertus de leur action pour assurer à terme le redressement de notre pays.

Leur situation s’apparentera en effet à celle d’un maire qui entreprend d’importants travaux de rénovation dans sa ville. Pendant la durée du chantier, tout le monde exprime son mécontentement pour les désagréments qui en résultent. Mais, lorsque tout est achevé, ce sont des messages de félicitations que reçoit le maire pour l’amélioration spectaculaire qu’il a apportée à sa cité. Aussi les dirigeants de la droite nouvelle au pouvoir ne devront-ils pas perdre de vue qu’en dépit des années difficiles qu’ils traverseront, c’est l’embellie qui sera au bout du chemin.

Crédit photo : Jean Louis Mazières via Flickr cc