Texte de la Rubrique Autorité

 

La suppression du service national et la création d’une armée de métier ont permis à la France de jouer un rôle de gendarme sur la scène internationale. Des actions qui, au fil du temps, sont passées avant la défense de la France, de ses intérêts et de ses ressortissants, mais aussi avant la sécurité civile et la protection des populations. De plus, l’arrêt de la conscription a fait perdre aux Français l’idée que, si un citoyen a des droits, il a aussi des devoirs envers son peuple et sa nation. C’est pourquoi Ligne droite propose de recréer un service national obligatoire de neuf mois à effectuer dans les forces armées ou dans un service de protection civile à reconstruire entièrement.

Une défense plus atlantiste et moins nationale

L’abandon du service militaire obligatoire voulu par Jacques Chirac en 1996 prétendait pourtant tirer les conséquences de la fin de l’URSS et devait coïncider avec une réduction du format des armées rendue possible par ce nouveau contexte stratégique.

Mais, pour Ligne droite, cette décision fut une mauvaise réponse à la fin de la guerre froide. Car la suppression du service militaire avait en réalité pour but de permettre aux armées de mener des « opérations extérieures » dans le cadre de « coalitions » dirigées par les États-Unis. Pour ces actions aventureuses, il n’était en effet pas envisageable d’envoyer des appelés, car l’opinion ne l’aurait jamais accepté.

La fin du service militaire obligatoire était donc nécessaire pour donner à la politique de défense de la France une orientation de plus en plus atlantiste et de moins en moins nationale. D’ailleurs, à peine un an après l’annonce de cet abandon, notre pays s’engageait avec l’Otan dans la stupide et illégale guerre contre la Serbie en plein cœur de l’Europe.

La suppression du service militaire, une régression démocratique

Cette disparition du service militaire obligatoire a eu par ailleurs de graves conséquences sur la nature même de la société française. Elle signifiait en effet que, dans la post-démocratie européenne, le citoyen serait réduit à l’état passif de consommateur de « droits ». Or, la démocratie repose sur la participation active du citoyen à la vie de la Cité, une participation qui relève au contraire du devoir. Notamment le devoir de défendre son pays y compris par les armes et celui de venir en aide à ses concitoyens lorsqu’ils sont en difficulté.

Une décision paradoxale face à la montée des menaces

Cette réorientation de la défense liée à la suppression du service national a conduit par ailleurs à priver notre pays d’une vraie défense nationale alors qu’il se trouve de plus en plus exposé aux aléas du monde. Au lieu de jouer les valets d’armes pour le compte des États-Unis, les armées doivent donc retrouver leur vocation première : assurer la défense du territoire, la protection des intérêts vitaux de la France et la sécurité des Français, En revenir à cette mission première est d’autant plus nécessaire que les menaces s’accumulent. Que ce soit la menace terroriste sur le sol national, la pression migratoire incontrôlée aux frontières de l’Europe ou l’explosion de la violence et de la délinquance dans nos rues, force est de constater que l’insécurité se développe. Ce n’est pas un hasard si l’on voit aujourd’hui des militaires en armes patrouiller dans nos rues, un spectacle jamais vu depuis la guerre d’Algérie.

Une décision injustifiée face au manque de protection des populations

L’abandon du service national est aussi allé de pair avec une insuffisance de protection civile et donc avec une impréparation pour affronter des attaques ou des catastrophes de grande ampleur. Car, pour faire face, c’est aujourd’hui un manque d’hommes et de moyens qui prédomine dans notre pays où la sécurité civile se limite à la lutte contre les incendies, où les urgences hospitalières sont déjà surchargées en temps normal, où la population n’est pas protégée contre les attaques NBC, où la police n’ose plus entrer dans certains quartiers et où la moindre intempérie provoque des coupures électriques.

Une situation encore aggravée par la grande apathie de la population, peu capable de se défendre elle-même. Face à la violence, allumer des bougies ne suffit pas ! Or, les jeunes Européens et les jeunes Français n’apprennent plus le métier des armes, ils ne savent donc plus se battre, ni servir ni se défendre. Ils ne supportent plus l’adversité ni l’inconfort, pendant que de jeunes islamisés vont faire le djihad en Syrie ou ailleurs et que, dans le reste du monde, on augmente les dépenses militaires.

Un nouveau service national pour défendre et protéger les Français

Pour toutes ces raisons, Ligne droite préconise de créer un nouveau service national, d’une durée de neuf mois, auquel seraient astreints tous les jeunes gens âgés de dix-huit ans ayant la nationalité française depuis au moins dix années et n’ayant pas fait l’objet de condamnation pénale au cours des cinq dernières années.

Ce service encaserné aurait une double composante : un service militaire pour ceux qui le souhaitent en fonction des besoins de la Défense nationale ou un service de sécurité civile pour les autres, à l’issue d’une période de préparation physique et comportementale commune d’environ trois mois.

Le service militaire pourrait ouvrir la voie à un engagement ultérieur dans les forces armées ou à un recrutement dans les forces de police. Il s’effectuerait uniquement sur le territoire national sous l’autorité du ministère des Armées.

Le service de sécurité civile constituerait de son côté l’ossature d’une Protection civile rénovée afin d’améliorer la résilience de la population en cas de crise, sur la base d’un maillage territorial de proximité et sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.

A l’issue de ce service, les jeunes constitueraient pendant quinze ans une réserve citoyenne qui servirait de base de recrutement à la Garde nationale que Ligne droite préconise de développer par ailleurs.

L’accomplissement régulier de ce service national conditionnerait enfin l’exercice du droit de vote et la possibilité de se porter candidat à un recrutement dans les trois fonctions publiques.

 

Loin du stage vaguement militaire d’un mois que propose M. Macron, ce nouveau service obligatoire rétablirait les Français dans la plénitude de leur condition de citoyens, une situation fondée sur le dû et le droit mais aussi sur le service et le devoir.

 

Crédit photo : Julien Sabardou via Flickr